Deadline, déni et déclenchement

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Y’a quelque chose d’étrange dans le fait de savoir qu’on va accoucher dans les prochains jours. En fait, d’être certaine d’accoucher dans les prochains jours. Depuis la mi-mars, je me dis que je peux expulser d’un jour à l’autre. C’est quatre semaine d’attente et d’anticipation ça les amis. Mais là le deadline arrive dans ma face. C’est vrai. C’est maintenant.

Jonathan et moi avons ressenti une grande vague de stress en sortant de l’hôpital. Du stress et beaucoup d’émotions mélangées. Nous étions émus, on avait tous les deux les larmes aux yeux. Nous étions anxieux, heureux, fatigués, impatients et pas vraiment prêts en même temps…

Je me suis dit: « Mais à quoi j’ai pensé? Faire un bébé?!? » Comme si la réalité venait de me pousser en bas de mon nuage de grossesse parfaite et que j’étais confrontée à tout le déni que j’avais caché en-dessous du tapis.

Permettez-moi d’ouvrir une parenthèse sur le déni. [ Le déni, c’est une méthode d’auto-défense très très efficace. Ça te sert tout au long de ta grossesse pour conserver un semblant d’équilibre et d’esprit sain. Sinon, c’est trop à gérer en même temps et tu pètes une coche:

Je vais devenir immense et vergeturée. DÉNI.
Je vais devoir l’expulser dans des douleurs atroces. DÉNI.
J’aurai l’entre-jambe hors d’usage pour plusieurs semaines. DÉNI.
Je vais devoir m’en occuper pour le restant de mes jours. DÉNI.

Mais la nature étant bien faite, au fil des neuf mois de la grossesse on apprivoise tout ça, un déni à la fois. Ferme la parenthèse. ]

En plus du poids de mon attente, je ressens le poids de l’attente de tout mon entourage. C’est un poids que je n’ai pas à porter, j’en conviens. Mais je mets à jour mon statut Facebook ou je publie de quoi sur mon blogue hebdomadairement pour éviter les « Pis? Elle est-tu arrivée là? » C’est comme si à chaque fois qu’on me posait la question, ça rendait l’attente encore plus longue parce que je suis obligée de répondre « Ben non! » avec le sourire de la fille déchirée entre l’écœurement et le bonheur d’être en vacances.

Et j’ai eu droit à mille conseils pour que le travail se déclenche. Je sais que vos intentions sont bonnes, groupe, et j’ai appliqué les plus l’fun de vos suggestions: marcher le Mile-End et la Petite Italie au grand complet, faire l’amour, manger de l’indien. Mais je suis pas tannée au point de laver mon plancher à quatre pattes. Demain, j’oserai passer la balayeuse, sans plus.

Merci de vos encouragements et de votre support. Je vais vous revenir quand elle sera arrivée. D’ici là, je vais continuer à dormir 12 heures par jour et ramasser mon énergie pour le grand jour.