Paillettes, princesses et passivité

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Mon amie Isabelle a écrit un bon billet sur Je suis féministe intitulé De paillettes et de princesses. Si vous êtes parent de petite fille, ça vous intéressera sûrement. Dans mon cas, c’est une retranscription intégrale de ce qui se passe dans ma tête.

Je ne suis pas la seule à m’inquiéter de cette culture de la passivité poussée à outrance.  L’essai Cinderella ate my daughter de Peggy Orenstein questionnait déjà le message que nos filles reçoivent par rapport à la construction de l’identité féminine : est-ce que ça passe nécessairement par une jupe à froufrou? Une députée britannique propose une loi encadrant la représentation féminine dans les émissions pour enfants. Elle se base sur une étude qui démontre que les deux tiers des personnages principaux des émissions jeunesses britanniques sont des garçons. Et on constate que quand ce sont des filles, elles n’ont pour objectif que 1- devenir chanteuse ou 2- épouser un riche prince.

Je ne suis pas contre le rose, les tutus et les brillants. Au contraire, je reconnais que se greyer en princesse, c’est l’fun en ta’, peu importe l’âge (la preuve ici). Et j’ajouterais aussi, peu importe le sexe. Un garçon ne devrait pas se priver de le faire si le coeur lui en dit. Ce que je déplore, c’est le manque de diversité. Les modèles offerts aux petites filles et à leurs parents sont assez limités. Faut fouiller pour éviter la grosse vague rose qui a emporté les jouets, les vêtements, les livres et les émissions pour fillettes.

Là où j’ai un peu capoté, c’est quand j’ai vu les métamorphoses qu’ont subi Dora, Fraisinette et Azurine. Les images reprises par Isabelle sont tirées de ce billet sur Feministing.

Oubliez le gras de bébé, ce sont toutes devenues des pré-adolescentes aux jambes élancées et aux cheveux ondoyants. On les a fait vieillir pour les rendre encore plus… séduisantes?!? Pourtant, ce sont des héroïnes pour enfants! WTF?

Le billet d’Isabelle m’a fait pensé à l’organisme britannique Pink Stinks qui revendique des « vrais modèles » pour les filles. La semaine dernière, je suis aussi tombée sur le livre Living Dolls: The Return of Sexism, qui parle sensiblement de la même chose, le manque de choix. Mais devant un choix, est-ce que les petites filles vont toujours choisir les princesses, de toutes façons?

Vos pensées là-dessus?