Bébés hipsters dans le Elle Québec

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Si vous doutiez encore une seconde que faire des enfants était « à la mode », Elle Québec consacre son numéro de décembre à la famille. Le magazine se lance rarement dans des spéciaux qui abordent autre chose que ce qu’on a l’air et les hommes.

Première remarque: what’s up avec la face de Mariloup Wolfe? Sur presque toutes ses photos, elle a l’air figée et pas sûre. C’est loin du dynamisme et de la confiance en soi que je perçois habituellement d’elle… Si on voulait la montrer sous un jour différent, je trouve malheureusement que ça ne passe pas. Dommage.

Mais trêve de jugement de face de vedette enceinte, je veux vous parler de l’article « Mon bébé est un hipster » (p.155). Ça m’a interpellée. C’est comme un de mes sujets préférés, si vous l’aviez pas deviné.

En résumé, si vous amenez votre enfant dans des festivals de musique, que vous l’habillez avec style et que vous voyagez avec lui, vous êtes des parents hipsters. Facile de même!

En fait, ce que j’ai constaté en lisant l’article, c’est qu’on décrit des parents qui sont en réaction à un style de vie où tout est centré uniquement sur le bébé. À l’opposé, les hipsters veulent continuer à vivre leur vie indie, mais avec un bébé agencé à leur chemise carreautée. C’est un peu superficiel amené comme ça, mais c’est un détail important: le style vestimentaire du petit est souvent calqué sur celui des parents. Tout comme les accessoires, les jouets et la déco de la chambre qui sont en accord avec leurs goûts esthétiques. Il en va de même avec les activités. L’enfant s’adapte à une vie sociale ponctuée de concerts et de vernissages, le casque anti-bruit côtoyant Sophie la girafe dans le sac à couches. Disons, qu’il a plus de chances de s’endormir au son de vinyles de bands que vous connaissez pas que de Chansons douces, chansons tendres.

Est-ce que c’est égocentrique? Peut-être un peu, oui. Mais on fait des enfants à notre image… Ce que je comprends là-dedans et où je me reconnais, ce sont des parents qui tiennent à concilier leur vie familiale et sociale, qui ne font pas de séparation entre les deux. Des parents pour qui l’arrivée d’un enfant est un ajout à une vie existante – une vie au rythme qui change drastiquement, mais dans laquelle ils restent eux-mêmes. Ils demeurent donc fidèles à leurs intérêts plus proches de l’underground que de Disney et en font profiter leur progéniture.

Certains critiquent le fait d’amener des enfants dans des endroits non baby-friendly. C’est évidemment une question de gros bon sens. Si t’es bien équipé et que les besoins de ton enfant passent en priorité, peu importe si t’es à Osheaga ou à la bibliothèque pour l’heure du conte. On en revient toujours à trouver l’équilibre. J’aime l’idée de faire une activité ensemble parce que c’est le fun, tout simplement. En se foutant qu’elle soit « pour adulte » ou « pour enfant ». Ça fait des familles curieuses… et des parents moins frustrés et isolés.

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En terminant, j’aimerais mentionner au passage que le magazine parle brièvement du livre de mon amie Marie-Hélène, Histoires de famille!

Et j’ai bien aimé le texte de Vincent Vallières, un portrait juste et grouillant d’une maisonnée avec des enfants, trois dans son cas.

C’est pas facile. Crisse que non. Mais à quelque part, c’est pas ben loin du bonheur.

Le paradoxe familial en trois phrases. C’est drette ça.