Vive la bibliothèque: Marre du rose et Très Vieux Monsieur

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Alice et moi avons commencé à fréquenter la bibliothèque lors des jours de pluie. Lors de notre première visite, j’ai choisi deux albums superbes. Oui, c’est moi qui choisit parce que c’est moi qui les lis trois fois par jour à madame Poulet. Anyways, elle est ben trop occupée à faire le poisson devant l’aquarium ou à mettre le bordel dans la section pour ados pour scanner les étagères à la recherche de belles histoires.

Le premier a tout de suite plu à la féministe en moi. Le titre est évocateur: Marre du rose. C’est l’histoire d’une petite fille qui trippe sur le noir et qui n’en peut plus des « tralala de princesses ». Le rose, « ça lui sort par les yeux ». Sa maman lui dit qu’elle est un garçon manqué. Pourtant, elle trouve qu’elle est plutôt réussie comme fille. Elle a un ami qui confectionne des habits pour ses poupées-garçons et un autre qui dessine des fleurs sur ses voitures. Pourtant, ce ne sont pas des filles manquées.

En quelques pages seulement, on questionne les rôles attribués/attendus selon le genre. Mais surtout, on n’accepte pas la réponse donnée par les adultes dans l’histoire: « c’est comme ça ». C’est plein de confiance en soi et d’ouverture. Vraiment bien fait.

Marre du rose
Texte de Nathalie Hense.
Illustrations de Ilya Green.
Albin Michel Jeunesse

Ce deuxième livre n’était pas tout à fait approprié pour l’âge d’Alice, mais il a réussi à me faire monter les larmes aux yeux. Très Vieux Monsieur est un grand-papa à la retraite et occupe ses journées à faire mille et une choses. Il fait rire Toute Petite Fille et séduit toujours Très Vieille Dame.

« Très Vieux Monsieur a la tête sur les épaules. Comme tout le monde. Une tête bien faite et bien pleine. Il s’occupe ici et là, toujours la tête haute. »

Puis, un matin, il ne reconnaît plus sa douce à ses côtés. Il perd la tête. Et petit à petit, son entourage doit s’adapter à cette perte.

Bien que ce livre aborde un sujet lourd comme la maladie d’Alzheimer, il y a toute une douceur et une poésie qui soulèvent le récit. Bien qu’il n’y ait pas d’espoir, il y a énormément d’amour et de sourires. Le fatalisme de l’histoire n’est jamais dramatique, c’est plutôt empreint de sensibilité. Les illustrations sont simples par une utilisation limitée de la couleur, mais vivantes par les traits qui sillonnent le visage du personnage. Ces traits de vieillesse sont magnifiques et touchants.

Très vieux monsieur
Texte de Adeline Yzac
Illustrations d’Éva Offredo
Varia, Rouergue