J’ai pensé au billet de ma chum Isa et à vos commentaires toute la semaine. Une semaine remplie comme j’en avais jadis, la première depuis presque deux ans. Une semaine entièrement dédiée au travail où mes réflexions sur la conciliation et la culpabilité m’ont accompagnée au travers des 3 projets que je mène de front avec un déménagement imminent.
Premier constat: j’ai une sale relation avec la performance.
J’ai toujours travaillé fort. C’était valorisé par chez nous. Et ça m’a amené de belles opportunités, de grandes satisfactions, de la reconnaissance aussi. Mon chum aussi travaille fort. On se comprend, on s’encourage, on se regarde se perdre de vue et on se retrouve un moment donné.
Je sais aussi que j’ai toujours voulu être la meilleure. J’ai goûté au feeling d’être la première de classe dès le primaire. J’ai gagné des concours de dessins Desjardins, tsé. C’est comme si avoir un A me grisait. Comme si j’avais plus d’amour et d’attention. C’est non-négligeable quand t’es une petite myope aux cheveux courts et à la timidité maladive. J’étais bonne, je ne faisais pas d’erreur, j’étais parfaite.
Je suis restée dans le peloton de tête jusqu’à mon entrée à l’université. Là, la compétition était juste trop féroce et la bière trop abondante. Et j’ai slaqué sur le miss Parfaite. C’était ben trop difficile à gérer.
N’en demeure pas moins que je suis une perfectionniste qui n’avait jamais compté ses efforts avant de mettre au monde un enfant. Et c’est précisément à ce moment-là que quelque chose d’étrange s’est passé.
Je devais LITTÉRALEMENT ne pas pas compter mes efforts et juste tout donner. Sans compter, sans calculer, sans espérer rien en retour. Juste être la meilleure mère possible. Et pour y arriver, le perfectionnisme devait prendre le bord. Complètement paradoxal.
Mon 18 mois de congé de maternité a été le boot-camp du lâcher prise et je me suis fiée à mon instinct. Prendre un break de performance m’a fait le plus grand bien. Le seul moment où je faisais des efforts conscients pour être la meilleure, c’est quand je choisissais mes vêtements pour défendre mon titre imaginaire de best-dressed mom du parc. Gnan.
J’en viens finalement à la conciliation travail-famille.
J’ai vite renoué avec la performance quand j’ai recommencé à faire de la pige à temps plein. C’est comme si j’avais retrouvé un vieux chum abusif après l’avoir trompé avec un… surfeur (insérer votre propre fantasme de gars trop relax ici). Ça remet les choses en perspective. Mon regard a changé.
Dans les faits, mon agenda est toujours débordant, mais j’ai revu mon seuil de performance à la baisse. Mes attentes sont plus réalistes. J’évalue mieux le temps nécessaire pour accomplir des tâches. J’apprends à dire non. Je demande de l’aide. Je n’ai plus l’impression d’être indispensable. Et ce n’est pas un manque d’ambition, oh non. C’est de la survie quand on a le sommeil random et que la gastro nous guette.
Je vais toujours travailler fort. Je suis faite comme ça. Mais ça ne m’empêche pas d’essayer de travailler mieux.





Il y a 5 commentaires
Ça me rejoint beaucoup ce que tu racontes dans tes deux derniers billets. Mon scénario, en faisant un enfant, ce n’était pas de devenir une poule pas de tête, stressée et qui se sent toujours coupable. J’aimerais continuer à avoir du fun avec ma petite famille. On dirait que même si je suis organisée, mon cerveau gère encore difficilement l’extrême terre-à-terre-ici-maintenant qu’exige la petite enfance (ma fille a la face pleine de Nutella, faudrait l’essuyer avant de mettre son manteau pour aller à la garderie), le moyen terme (finir ma maîtrise avant l’été) et le long terme (qu’est-ce que je veux faire dans la vie, moi?). Il y a un bogue quelque part dans l’assemblage de la superwoman qui veut être une bonne mère, une bonne blonde, une bonne amie et une bonne chercheuse universitaire. Et peut-être avoir un bel appartement propre aussi. Comme toi, je suis habituée à la performance depuis longtemps, c’est un gros travail sur soi.
Pour l’instant, je n’ai pas trouvé de solution idéale, mais les commentaires de ton billet précédent me laissent croire que je ne suis pas la seule à angoisser sur le sujet…
Hé oui ! La Marianne “parfaite”, je l’ai connue de près et avec beaucoup de plaisr !
Tu étais déjà extraordinaire, mais la femme que tu es devenue est fabuleuse ! Toujours heureuse de te lire ma belle !!!
Sans vouloir faire ma fine, je savais déjà au fond de moi que ça te rattraperait un jour hihi
Merci Mélanie!
En quelque part, ça devient une question de valeurs la conciliation travail-famille. Personne ne peut TOUT faire. Il faut simplement se demander ce qui compte vraiment pour nous et s’y tenir la plupart du temps. C’est parfois difficile à accepter mais je me rends compte que celles qui arrivent le mieux à concilier travail et famille (et loisirs et vie amoureuse et maisons ordonnées) sont celles qui font de leur mieux, qui profitent du moment présent mais qui acceptent que ce ne soit pas parfait. Effectivement, je ne crois pas que la solution miracle existe.
En même temps, je n’ai jamais été aussi efficace que depuis mon retour au travail après mon congé de maternité. If you want something done, ask a busy person! Well, pour être busy, j’le suis! (Et je ne suis pas la seule…)
Je viens de découvrir ce fabuleux blogue (Merci Rachel si tu me lis
) et c’est vrai que c’est très réconfortant de lire que finalement, on vit quasiment toutes le même stress ! Être parfaite à la job, à la maison, dans notre couple, et surtout, aux yeux de notre marmaille ! Pourquoi cette quête de la perfection alors que finalement, tout le monde autour de nous s’en fout et nous répète (certains avec hypocrisie) sans cesse : “c’est correct, t’as le droit d’avoir une maison sale et une vaisselle de 3 jours, t’as un petit, c’est pas la priorité le ménage” comme nous l’a répété si souvent la madame du cours prénatal : ” la priorité sera le bébé, pas l’apparence de votre intérieur” ! Certes ! mais, les seuls à comprendre un intérieur pas rangé, pas aspiré, pas clean, sont ceux qui, comme nous, ont un bébé ! et psychologiquement, quand je rentre dans ma cuisine qui est toute désorganisée ça me fout le moral dans les basket ! Pour moi c’est bon pour le moral qu’elle soit rangée et propre. Quant au fait de pouvoir, de temps en temps, prendre du temps pour nous, ça me culpabilise car j’ai l’impression de délaisser mon fiston que je ne vois que les soirs et fin de semaine ! Bien sûr que ça me tenterait de le laisser à une amie et d’aller souper en tête à tête avec mon chum, mais que penserait-t-il ce petit bout d’amour ? je le sais pas, et ça me dérange !! Une amie qui est infirmière en France, qui a un fils de 19 mois et une fille de 5 mois a reprit le boulot à 80%, résultat, elle bosse 10 jours par mois, le reste du temps avec les enfants ou au sport quand ils vont à la garderie et elle a le temps de tout faire ! on l’envie tellement !!
Enfin, ce texte est comme ma cuisine, un peu désordonné, mais ça fait tellement du bien de partager avec des gens comme nous !!