Guide à l’égard des nouveaux-parents (et des non-parents) – partie II

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Le compte Facebook

À l’égard des nouveaux parents : Pour connaître les règles de bienséance sur les réseaux sociaux, référez-vous à notre Urbania numéro 26. En résumé : vos photos de bébé, on ne veut pas les voir (même s’il porte une casquette trop grande pour lui ou s’il colle ses lèvres sur une bouteille de bière). Si vous lisez ce guide AVANT d’accoucher, vous savez comme nous que c’est insupportable. Malheureusement, on doit le répéter ici car trop de parents changent d’avis APRÈS avoir accouché. Inutile de préciser que vos histoires de varicelle :(, de fièvre à l’hôpital :((, ou de grosse pepeine :- on n’en a rien à cirer. Vous n’aviez qu’à ne pas en faire, des enfants.

À l’égard des non-parents : Le raz-de-marée de bébé gluants dans votre fil de nouvelles est inévitable. Comme cadeau de naissance, créez des profils à tous les nouveaux-nés de votre entourage. Les parents reconnaissants pourront s’épancher librement : « Je n’ai régurgité que cinq fois aujourd’hui! » « Maman a pris des photos de moi déguisé en tournesol. Regardez comme je suis cuuuuuuuuuuute! » De votre côté, bloquez ces profils pathétiques, mais revenez-y une fois de temps en temps pour rire et juger. WIN-WIN.

Les sans bébé

À l’égard des nouveaux parents : Vous croyez que nous menons une vie superficielle parce que nous, on peut encore aller dans les 5 à 7? Continuez de vous conforter dans cette croyance, mais écœurez-nous pas avec ça. Parce quand c’est votre soir « sans bébé », on le voit bien, dans vos yeux qui brillent, que ça vous manque, la superficie.

À l’égard des non-parents : Vous croyez que nous menons une vie plate parce que nous, on regarde Toc Toc Toc en faisant à souper à 17h30 à longueur de semaine? Continuez de vous conforter dans cette croyance, parce que c’est complètement vrai. Parce que, vous autres, les « sans bébé », on le voit bien, dans votre égo qui brille, que ça ne vous manque pas, le don de soi.

Le gardiennage

À l’égard des nouveaux parents : Mettons qu’on vous dit qu’on a la gastro ce soir, ben c’est comme quand on dit à notre patron qu’on a la gastro aujourd’hui : pas vrai. Après deux excuses bidon de même, rayez-nous de votre liste de gardiens potentiels, et rappelez-vous que c’est vous, qui avez décidé d’avoir des bébés.

À l’égard des non-parents : Si on est rendu à vous appeler pour garder, c’est que nos mères, belles-mères, grands-mères, tantes, cousines et voisines ne sont pas disponibles et qu’on est en sale manque de superficie. Le sentiment de « on trippe pas » est partagé, mais, bonne nouvelle : on va revenir de bonne heure. Habituellement, vers 22h, on est brûlés et on s’ennuie de la maison.

L’écoute

À l’égard des nouveaux parents : On peut vous écouter parler de vos angoisses d’allaitement, de vos difficultés érectiles ou des nuits que vous ne faites plus, mais à un moment donné, on doit vous le dire pour notre propre bien-être : ces problèmes nous dépassent. Peut-être trouverez-vous une meilleure oreille auprès de gens qui vivent la même chose que vous. Avez-vous envisagé les groupes de soutien? Peut-être éviterez-vous ainsi de nous perdre comme ami.

À l’égard des non-parents : Étant donné que vous ne comprenez pas notre réalité, on a commencé à se tenir avec d’autres parents. Des inconnus rencontrés au parc ou ce couple qu’on n’aimait pas particulièrement avant et qui a accouché en même temps que nous. C’est dommage, mais ils font mieux la job que vous et risquent même de vous clancher. Mais consolez-vous, c’est temporaire! On redeviendra copains dès que votre p’tit dernier fera de l’érythème fessier.

Les visites post-accouchement

À l’égard des nouveaux parents : L’odeur de stérilisant, la vision des civières dans le corridor, le C. Difficile dans les toilettes, l’infirmière malcommode. On est prêts à endurer beaucoup de choses pour venir voir les petites petites mains de votre progéniture à l’hôpital. Mais sincèrement, on ne tient pas à voir ce que ça fait quand vous rassemblez toute la chair de votre ventre dans un paquet. C’est pas drôle, c’est épeurant.

À l’égard des non-parents : La bonne chose avec les visites à l’hôpital, c’est qu’il y a des heures à respecter. On est certains que vous ne vous éterniserez pas. Alors si la curiosité vous pousse à venir voir bébé fripé et maman enflée à la maison, faites ça vite. Et sachez-le : ne prenez pas la peine de vous pointer si vous n’apportez pas de la bouffe congelée ou des DVD de série télévisées. Si on était capable de tasser la fierté de vous présenter le fruit de nos entrailles, c’est ce qu’on vous dirait.

Le congé parental

À l’égard des nouveaux parents : Il nous fera plaisir de vous accompagner dans vos séances de cardio-poussette. Paraît que ça tonifie les fesses et que ça raffermit le ventre. Imaginez l’effet quand on n’a PAS eu de bébé.

Conseil à l’égard des non-parents : Le mot « congé » porte à confusion. Dans les faits, le congé parental menace la santé mentale du parent pogné seul à la maison. Sauvez-le de l’abrutissement et invitez-le pour une virée complètement folle : en plein après-midi (woh!), sortez prendre une marche (ouh!) et arrêtez dans un café (wild!). Faites vous remercier en échangeant votre bonne action contre un droit de refus de gardiennage.

Les compétences parentales

À l’égard des nouveaux parents : Loin de nous l’idée de vous dire quoi faire. Votre plus vieux nous dirait qu’il se brosse les dents avec du Kool-Aid qu’on le croirait. C’est dire s’il ne faut pas nous les confier.

À l’égard des non-parents : Mêlez-vous de vos affaires. On est tellement confus entre ce que les pédiatres, les livres, les forums sur Internet, Canal Vie et nos mères nous disent sur l’éducation de nos enfants : on ne veut pas que vous découvriez qu’on n’a AUCUNE idée de ce qu’on fait.

Suite et fin demain!

La partie I est ici!