Premier trimestre, un résumé

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Avec presque 18 semaines en arrière du nombril, je me suis dit que si je voulais garder des souvenirs du premier trimestre de cette nouvelle grossesse, fallait que je les écrive maintenant. Déjà, je ne suis pas certaine de me rappeler de ces quelques semaines plutôt brumeuses. En effet, ces deux premiers mois de grossesse sont les mêmes deux mois où on s’est tapés l’aménagement du logis, les virus/crises d’asthme d’Alice et une gastro du tonnerre. Meh, ordinaire.

J’ai fait mon test de grossesse deux jours après le déménagement. J’étais seule avec Alice, Jonathan n’était pas encore revenu du travail. J’avais tous les symptômes d’un sale SPM et j’ai fait pipi sur le bâton pour me confirmer que mes règles allaient venir sous peu et que je ferais bien de retrouver mes Advil dans les boîtes identifiées Salle de bain. Ahah! Ben non.

Première réaction : lâcher à voix haute « Tu me fucking niaises?! »

Encore une fois, c’est quand je me disais que c’était pas le meilleur timing pour tomber enceinte que le miracle de la nature s’est produit. La fois d’Alice, je venais d’apprendre que mon band avait enfin son show de télévision et que je travaillerais six jours par semaine pendant neuf mois. Pas le meilleur temps pour construire un être humain, hein? Eh ben, bout de viarge, je suis finalement tombée enceinte après deux ans d’attente. Les neuf mois de production de l’émission des Moquettes ont été, à la semaine près, ceux où j’ai porté mon premier enfant.

Même pattern cette fois-ci. Quand je me disais que je prendrais une pause de procréation parce que trop fatiguée/stressée/occupée par les contrats et l’achat de notre première propriété : BANG. Bébé. Encore.

Mon utérus est fucké. Il joue une game avec mon cerveau. Dès que je ne pense plus à faire des bébés, les deux se concertent et s’arrangent pour sortir un ovule A1 qu’ils tenaient captifs depuis des mois : « Vas-y fille! C’est ton heure de gloire! » Et là, ils rient de leur bon coup : « J’ai hâte d’y voir la face quand les deux barres vont apparaître sur son test de grossesse! Pouahahaha! » Hi-five hormonal.

Rassurez-vous : une fois l’incrédulité passée, j’étais très contente. Même chose pour Jon: surprise, puis bonheur. Cet enfant-là était désiré depuis plusieurs mois.

S’ensuivit donc (1) une série ininterrompue matins nauséeux et de munchies au milieu de la nuit; (2) une fatigue INTENSE qui me forçait à me coucher à neuf heures et à ne pas faire grand chose le reste du temps; (3) une concentration déficiente qui me faisait fixer mon écran d’ordinateur pendant des heures et écrire des textes trois fois plus lentement (oh douleur). Bref, j’étais pas toute là.

Par Nicholas Erwin via Flickr

J’ai mangé tellement craquelins poissons au cheddar, j’en suis gênée. En fait, tout ce qui contient du fromage et un support de type « pain », j’en ai abusé. Alimentation totalement déséquilibrée, mais oh combien délicieuse.

À mon premier rendez-vous chez le médecin, je frétillais de stress dans l’attente de savoir si je portais un foetus vivant. Le rouleau de papier blanc sur la table d’examen se froissait à chaque tremblement. Il était trop tôt pour entendre le coeur (ARG!), j’ai réussi à me téter une échographie. Le lendemain, on a vu le coeur de notre mini-mini clignoter sur le moniteur. C’était le plus beau pixel qui flashe DE L’UNIVERS. Une fois rendus dans le corridor, Jonathan et moi en avons pleuré de joie et de soulagement.

Le temps a passé, ma bédaine s’est rapidement installée. Puis l’énergie est revenue (dieu merci) mais les nausées sont restées. Je suis obligée de continuer à manger des p’tits poissons au cheddar pour stabiliser mon estomac. Hon.