Relocalisation et réorganisation, yeah baby

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Pour les trois prochaines semaines, notre famille est « relocalisée » en dehors du domicile verdunois. Nous avons établi nos pénates temporaires juste en face d’où Jonathan habitait avant qu’on se marie. Ce fut aussi mon hood pendant deux ans, un des favoris dans lesquels j’ai habité: la Petite-Italie dans le coin de la rue St-Zotique.

C’est que nous avons été touchés par le déluge de la fin du mois de mai. Toutes les unités du rez-de-chaussée de notre immeuble ont été inondées par des pluies torrentielles qui ne savaient où s’écouler, faute d’égouts adéquats et de clapets fonctionnels. Dieu merci, ça n’a remonté que légèrement chez nous: les pertes ont été minimes et nous n’avons eu de l’eau sale que sur le tiers de la superficie totale. N’en demeure pas moins que les planchers sont scrap et que c’est maintenant que le chantier se met en branle. Notre compagnie d’assurances et celle du constructeur se chargent de tout, n’en demeure pas moins que même si je n’ai paqueté aucune boîte, je vais redéménager à la fin d’août enceinte de quasiment 7 mois. On s’en serait passé mettons.

Pendant ces trois semaines, la garderie d’Alice est fermée. Notre gardienne prend des vacances bien méritées (et synchronisées avec le Ramadan. Jeûner alors qu’on doit s’occuper d’une trâlée d’enfants en bas de 5 ans: ayoye.) Jonathan a également organisé ses vacances autour de cette situation particulière. Il sera en congé lors des deux dernières semaines de la relocalisation pas de garderie. Ça veut donc dire que je suis seule avec Alice cette semaine.

Je suis à temps plein avec l’enfant, alors que j’ai de la job à temps plein… Alors que les tâches que je dois accomplir sont:
– être longuement concentrée sur mon ordinateur pour écrire
– être longuement en meeting pour brainstormer
– être longuement au téléphone pour faire des entrevues et du booking
Ça ne peut pas être moins enfant-de-deux-ans-friendly.

Ces moments de réorganisation me font travailler fort fort… sur moi. Côté gestion du stress et des objectifs, je dois accepter que je ne peux pas faire ce que je dois faire quand je veux le faire. Je repousse constamment mes tâches. Je les vois s’accumuler en tapon au bout de ma semaine. Et j’ai le spectre du « désolée, je ne pourrai pas livrer » qui vient se poser sur mon épaule et qui ne me lâche plus. J’aime pas ça avoir le fantôme du FAIL dans les pattes. J’exerce donc ma patience et mon acceptation de l’échec.

Pour l’instant, je m’en suis bien tirée avec l’heure de la sieste, une couple de films et l’aide des amies et de la famille. Je me sens mal de travailler quand Alice est tout près et me demande sporadiquement de jouer avec elle. Je me sens cheap de lui refuser ma présence alors que je suis dans la même pièce qu’elle. Par contre, lorsque qu’elle dort ou que quelqu’un s’occupe d’elle et que je peux travailler trois heures en ligne, j’atteins des sommets d’efficacité inégalée! Je ne peux soutenir ce rythme trop longtemps par contre. Et après 23h, oubliez-moi, je suis vidée.

N’en demeure pas moins que trouver une gardienne d’un jour, c’est une job en soi. Contacter des gens, organiser le tout, ça prend du temps. Des fois, c’est quasiment plus simple de s’en passer et de se patenter quelques double shifts et chialer sur son blogue, le temps que ça passe. C’est souvent moins pire qu’on l’imagine. Parce que travailler avec un enfant de deux ans, ça ne s’imagine pas: peu importe le plan qu’on a en tête, il y a quelque chose qui va surgir et tout changer. L’anticipation ne donne rien, sauf du stress. Faut juste le faire.