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Féminisme quotidien

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J’ai passé une partie de la journée d’hier à préparer mes notes en vue d’une table ronde que j’animerai tantôt. J’ai le grand bonheur de présenter une belle gang de féministes engagées. Des filles que je suis sur les médias sociaux, que je lis dans les blogues, qui me fouettent et me questionnent, qui me remplissent de fierté et de courage. La scène féministe québécoise est foisonnante et la relève est bien présente. À 31 ans, je ne fais plus partie des jeunes.

La première question que je lancerai aux invitées, ça concerne le féminisme au quotidien: « Comment intégrez-vous vos valeurs féministes dans votre travail, vos croyances, vos sexualités et dans vos engagements? »

J’ai eu envie d’en parler ici, de vous donner ma réponse.

Flashback d’une douzaine d’années (déjà). J’étudie le multimédia interactif à l’UQAM et les filles se font rares dans ce programme. Je découvre le cyberféminisme dans un de mes cours d’histoire de l’art. Je m’identifie tout de suite à ces femmes qui investissent ce nouveau territoire avec des récits interactifs et subversifs. L’idée de réseaux m’allume beaucoup. Je suis happée. Je n’en sortirai plus.

Parce qu’après, mon féminisme a évolué au sein des Moquettes Coquettes. J’ai expérimenté le double standard en humour, la prise de parole, être une gang de filles dans l’espace public.

En 2008, j’ai aussi co-fondé Je suis féministe. Parce que ma chum Isabelle et moi, on trouvait que les jeunes féministes québécoises étaient plutôt invisibles et isolées sur le web.

De ces temps-ci, la maternité féministe me passionne. Je me peux pu de collectionner les essais, de ratisser l’Internet à la recherche de voix inédites et d’alliées motivées.

Mon intérêt pour le féminisme a toujours été collé à ma vie personnelle. Il a toujours suivi ma situation amoureuse, familiale et professionnelle. Mais de ces temps-ci, je vis une grande frustration. Mon quotidien de mère de deux jeunes enfants m’empêche d’être féministe à mon goût. Je voudrais en faire plus. Mais mon espace mental est saturé de tâches, de responsabilités et de fatigue. Ça fait que ma pile de livres accumule la poussière et que je suis incapable d’écrire de quoi de potable une fois que les petites sont couchées. Je dois redéfinir mon engagement qui s’est toujours basé sur la réflexion, puis la prise de parole agrémentée de jokes. Ce qui me fâche, c’est que je sais comment une posture féministe peut être libératrice pour les mères et j’aimerais en faire profiter le plus grand nombre possible.

Mon engagement présent, ben il se déroule auprès d’un mini public de 2 personnes. C’est celui d’élever mes filles dans une relation égalitaire. C’est de déconstruire les stéréotypes de genre, un jouet à la fois. C’est de faire de l’autonomie et du choix des valeurs centrales. Ce sont des décisions quotidiennes, mais dont la portée est incertaine et intangible. En même temps, c’est du plus que concret.

Si au moins je pouvais dire à ma tête d’arrêter de spinner.

Bon 8 mars. Et si j’ai un souhait, c’est que les belles choses que je vois passer en cette Journée internationale des femmes, se poursuivent toute l’année durant. Ça doit faire partie du quotidien.

Solidarité xxx

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