Pas le même département

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J’en ai peu parlé sur ce blogue, mais en plus d’attendre l’arrivée de la poulette, j’attendais une autre grosse nouvelle qui allait affecter mon avenir: est-ce que les Moquettes Coquettes reviendraient à l’antenne de Télé-Québec l’automne prochain? La décision est tombée aujourd’hui.

Et bien non.

Après avoir eu de la peine pendant environ 30 secondes, la colère m’est montée à la tête presque instantanément. Mêlée avec de la déception et un grand sentiment d’injustice, cette émotion qui m’a accompagnée toute la journée. Comme le disait Valérie, on se sent comme si on se faisait laisser par notre premier chum. On a de la misère à l’accepter. On se sent comme si on avait frappé un mur alors qu’on était en plein élan.

Heureusement, nous avons pu ventiler tout ça entre Moquettes ce soir. Je vous épargne les détails, mais je vous confirme que ce n’est pas la fin. Nous allons évidemment penser à d’autres projets très bientôt, une fois la poussière retombée.

Moi, contrairement aux autres Moquettes, j’ai un autre grand projet qui va se concrétiser là là. C’est de donner naissance à une petite fille et d’apprendre à la connaître. C’est sûr que ça relativise un peu l’importance de cette décision professionnelle imposée. Mon emploi du temps des prochaines semaines était déjà dédié à la famille, mais j’avoue, ça facilite un peu l’organisation de mon congé de maternité.

Pourtant, même si la famille passe avant la carrière dans mon échelle de valeurs, je constate que ça ne diminue pas l’impact émotionnel que ce rejet a sur moi. On me dit « Au moins, t’as ton bébé, c’est du bonheur, de la belle énergie, du positif, etc. » Oui… mais non. Ce sont deux choses séparées. Elles occupent deux places différentes dans mon coeur et dans ma tête. Je ne peux pas me consoler d’un coup dur professionnel en me disant « Je suis chanceuse, je suis mère ». J’ai essayé toute la journée, pis ça a pas marché. Pas le même département.

Aussi, je suis tannée d’attendre que les contractions arrivent. L’excitation pleine d’espoir a laissé place à un détachement légèrement impatient: je n’idéalise pas mon accouchement, ni la rencontre avec ma fille, ni les premiers jours qu’on passera ensemble. Je ne pense pas à des scénarios catastrophe, loin de là, mais je ne vois pas comment je pourrais trouver du réconfort dans quelque chose de totalement inconnu. Une surprise qui va me demander l’effort physique suprême et une adaptation folle. « Je suis chanceuse, je suis mère »? Je sais même pas c’est quoi encore!

Je vais quand même devoir trouver une façon de transformer toute cette colère en énergie brute pour accoucher. Pour le moment, ça m’assomme solide et je suis vidée. Mais j’ai confiance, je suis bonne là-dedans habituellement.

Quand j’y pense, ma fille aura vécu beaucoup d’émotions fortes par procuration à cause des Moquettes… Une chance que c’est surtout des moments de gros high!